Un rapport sur la santé des enfants autochtones relève des disparités au Canada, aux Etats-Unis, en Australie et en Nouvelle-Zélande
OTTAWA, le 30 mars /CNW/ - Selon un nouveau rapport publié aujourd'hui par le Centre for Research on Inner City Health, les enfants autochtones du Canada, des Etats-Unis, de l'Australie et de la Nouvelle-Zélande connaissent des taux plus élevés de mortalité infantile, de blessures et de décès par accident, et souffrent dans une plus grande mesure d'une panoplie d'autres problèmes de santé par rapport aux enfants non autochtones. En tant qu'un des premiers rapports internationaux sur le sujet, l'étude réalisée par Dre Janet Smylie relève les problèmes fréquents qui touchent la santé des enfants autochtones à l'échelle mondiale.
Le rapport Indigenous Children's Health Report: Health Assessment in Action est un projet de recherche international qui résume les données sur la santé d'enfants autochtones au Canada, aux Etats-Unis, en Australie et en Nouvelle-Zélande. L'étude, pilotée par Dre Smylie, a été réalisée au Centre for Research on Inner City Health, un volet du Keenan Research Centre du Li Ka Shing Knowledge Institute of St. Michael's Hospital. Au Canada, cet institut étudie et évalue l'état de santé des enfants issus des communautés des Premières nations, inuites et métisses.
Dans les quatre pays, les chercheurs ont constaté que les enfants autochtones connaissent des taux de mortalité infantile jusqu'à quatre fois plus élevés que la moyenne nationale, de même que des taux plus élevés de mort subite du nourrisson, de blessures, de suicide et de décès par accident. Les enfants autochtones souffrent également d'un nombre disproportionné d'otites, de maladies respiratoires et de problèmes dentaires.
"Avant aujourd'hui, il n'existait aucune source de données exhaustive sur la santé des enfants autochtones au Canada - les données étaient imprécises et incomplètes, explique Dre Smylie. Nous espérons que l'information sur la santé issue de ce rapport contribuera à concevoir des politiques et des programmes fiables pour améliorer la santé des enfants autochtones. Nous souhaitons que cette recherche suscite un changement positif de même qu'un dialogue sur la façon d'améliorer l'avenir de tous les enfants autochtones."
Voici quelques-unes des conclusions canadiennes du rapport : - Les taux de mort subite du nourrisson pour les communautés des Premières nations établies en Colombie-Britannique et des Inuits du Nunavik sont de trois à douze fois plus élevés par rapport aux communautés non issues des Premières nations ou non inuites respectivement. - Le taux d'obésité des enfants des Premières nations vivant sur les réserves est de 36 %, par rapport à 8 % pour l'ensemble des enfants canadiens. - L'enregistrement civil, le recours aux soins de santé et les données de surveillance sont quasi-inexistants pour les Premières nations non inscrites, les Métis et les Autochtones vivant en zone urbaine.
"Les disparités en matière de santé que nous avons constatées sont manifestement liées à des problèmes d'ordre social, lesquels touchent les enfants autochtones de façon disproportionnée, indique Dre Smylie. Environ un tiers des enfants autochtones sont issus de ménages à faible revenu et la sécurité alimentaire constitue un réel problème. Une mauvaise qualité de l'eau, et des logements insalubres et surpeuplés contribuent également aux problèmes de santé."
Perspectives globales en matière de santé des enfants autochtones
Le rapport a comparé les enfants autochtones et non autochtones au Canada, en Australie, en Nouvelle-Zélande et aux Etats-Unis et a relevé des disparités semblables. "Aucune raison médicale ne peut expliquer pourquoi des groupes autochtones très diversifiés sur le plan génétique souffrent de problèmes de santé semblables, indique Dre Smylie. Toutefois, les quatre pays présentent des problèmes sociaux similaires qui ont une incidence sur la santé."
Les problèmes sociaux qui touchent les quatre pays comprennent :
- La colonisation en tant qu'élément commun et sous-jacent à la santé des Autochtones.
- Des nombres disproportionnés d'enfants autochtones vivent sous le seuil de pauvreté, souvent dans des logements surpeuplés, ce qui affecte leur santé.
- Différences sur le plan de l'accès aux soins de santé et aux ressources économiques et sociales pour les enfants autochtones et leur famille par rapport aux populations non autochtones.
Le Centre for Research on Inner City Health (CRICH) est le seul organisme de recherche canadien en milieu hospitalier qui met l'accent sur les conséquences de la vie urbaine et de l'inégalité sociale sur la santé. Malgré les politiques universelles de soins de santé, les populations marginalisées sont davantage exposées au risque de maladie, et ce, pour un vaste éventail de conditions physiques. En outre, ces populations sont les moins bien servies lorsqu'il s'agit de combler leurs besoins en matière de soins de santé. Le CRICH génère des preuves scientifiques et des outils pour relever ces problèmes de soins de santé et concevoir des mesures d'intervention efficaces visant à réduire les disparités. Le CRICH est un volet du Keenan Research Centre du Li Ka Shing Knowledge Institute of St. Michael's Hospital.
Renseignements: Tina Quelch, Calador Communications, (416) 925-6034, tina@calador.ca
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