Un mois pour commémorer l'histoire des autochtones

Par Le Soleil, Steve Deschênes | avr. 23, 2013
Québec déposera un projet de loi pour désigner un mois commémorant l'histoire des autochtones.

La ministre Élizabeth Larouche en compagnie de Pauline... (Le Soleil, Steve Deschênes)

La ministre Élizabeth Larouche en compagnie de Pauline Marois

Québec déposera un projet de loi pour désigner un mois commémorant l'histoire des autochtones. La ministre Élizabeth Larouche précise qu'il «reste quelques ficelles à attacher», y compris pour «un partenariat avec le ministère de l'Éducation».

La députée-ministre d'Abitibi-Est a évoqué ce dossier, lundi, à la veille de sa participation aux audiences montréalaises de la Commission de vérité et réconciliation avec les autochtones.

Dans une lettre ouverte, Mme Larouche a salué le travail du groupe qui parcourt le pays depuis 2007 pour faire la lumière sur un épisode sombre des annales du Canada. De 1870 jusqu'aux années 1980, des dizaines de milliers de jeunes ont été exilés hors des réserves amérindiennes dans des pensionnats où, écrit Mme Larouche, «la règle était simple, il fallait tuer "l'Indien" en eux».

En entrevue, la ministre n'a pas voulu dire quel mois sera consacré «au devoir de mémoire» ni les budgets qui serviront à des activités. Tout indique que l'évocation des pensionnats autochtones sera intégrée au cours d'histoire du système scolaire.

Contrer la discrimination

Mme Larouche a glissé que le Secrétariat québécois aux Affaires autochtones, dont elle est responsable, a reçu le feu vert pour élaborer un plan d'action en vue de «contrer le racisme et la discrimination» envers les Premières Nations. Là aussi, elle s'est abstenue de donner des détails.

La politicienne a mis sa discrétion sur le compte du respect qu'elle porte au travail de la Commission de vérité et réconciliation. «Je ne voudrais pas briser le momentum» des rencontres où ceux qui ont vécu ce déracinement souvent brutal viennent livrer des témoignages «émouvants», a-t-elle fait valoir.

«Je ne voudrais pas que l'on prenne toute la place. Ce qui est important est de témoigner de la mémoire de ce qui s'est passé pour ces enfants. Il y a eu des conséquences et j'invite la population à en prendre acte.»

Élizabeth Larouche a signalé que les élus de l'Assemblée nationale seront invités, jeudi, à s'exprimer sur le sujet. Elle soumettra au vote une motion «visant notamment à souligner la force et la persévérance de ces enfants qui souhaitent dévoiler leur vécu au grand jour en vue de guérir leurs blessures et de voir leur histoire reconnue». La ministre dévoilera le libelle exact de la résolution aux participants aux rencontres de Montréal.

Il n'y sera pas question d'excuses ou de dédommagements aux victimes par le gouvernement québécois. Les pensionnats étaient de compétence fédérale. «Nous, nous essayons de réduire les impacts et [...] d'harmoniser les relations entre autochtones et non-autochtones.»

Mme Larouche a soutenu que les audiences ne sont certes pas une occasion d'affirmer en quoi que ce soit la gouvernance souverainiste. «En tout respect pour la Commission, on ne fait pas de politique d'aucune façon.»

À travers le Canada, 150 000 jeunes autochtones sont passés par les pensionnats. Dix établissements se trouvaient sur le territoire québécois. Il n'a pas été possible de connaître le nombre d'enfants qui les ont fréquentés.