Accès à l'eau : des Premières Nations crient mission accomplie à Genève

Par Chantal Cleary | mai 03, 2013
L'organisation qui représente les Premières Nations du nord du Manitoba se réjouit de voir que le Conseil des droits de l'homme de l'ONU recommande au Canada de créer un droit à l'eau.

Des représentants de l'organisation MKO (Manitoba Keewatinowi Okimakanak), ainsi que d'autres partenaires, s'étaient rendus au siège du Conseil à Genève la semaine dernière, pour faire valoir la situation difficile des Autochtones dans le nord du Manitoba.

Au terme d'un processus où ils ont analysé l'état des droits de la personne au Canada, 83 pays ont énoncé une série de recommandations, dont la reconnaissance d'un droit à de l'eau potable et à des conditions sanitaires sécuritaires.

Ils ont aussi recommandé au Canada de songer à établir une commission d'enquête sur les femmes autochtones disparues ou assassinées, une autre recommandation qui enchante MKO.

Ottawa a réitéré son engagement

Vendredi dernier, en réponse aux questions posées la veille par Radio-Canada, le ministère des Affaires autochtones et du Développement du Nord canadien (AANDC)  a rappelé qu'il y a deux ans, le gouvernement fédéral avait mandaté une firme pour recenser le nombre de communautés autochtones connectées à un système d'aqueduc et d'égout.

Il a déterminé que la plupart des habitations dépourvues de service au Manitoba étaient situées dans des collectivités éloignées du Nord : 5 % des habitations, soit 876 maisons, étaient dépourvues de service d'alimentation en eau en 2011.

L'AANDC affirme qu'il continuera de travailler avec les Premières Nations pour s'assurer que les maisons dans les réserves sont reliées à un système d'approvisionnement en eau et de traitement des eaux usées.

Le Ministère souligne entre autres qu'il a fourni 5,5 millions de dollars pour les quatre Premières Nations d'Island Lake, où se trouvait la plus grande concentration de maisons non desservies au Manitoba.

Des Autochtones vivent sans eau courante

 

MKO continuera de se tourner vers l'ONU

MKO affirme pour sa part que deux rapporteurs spéciaux de l'ONU ont manifesté un intérêt particulier pour l'impact, pour les Autochtones, des inondations causées par la production hydroélectrique et les mesures de contrôle des inondations.

Des Premières Nations manitobaines accusent depuis longtemps le gouvernement provincial d'être responsable des inondations qui les ont ravagées à la suite de l'activation de ses canaux de dérivation.

MKO soutient aussi qu'il prépare, à l'intention de l'ONU, un document sur la façon dont les deux derniers projets de loi omnibus du gouvernement canadien auraient miné les processus de consultation avec les Autochtones.

L'opposition aux projets de loi, qui ont depuis été adoptés, avait donné naissance au mouvement de revendication autochtone Idle No More.