Étude: la pauvreté frappe la moitié des enfants autochtones du Canada

Par Chantal Cleary | juin 19, 2013
Une étude préoccupante conclut que 40 pour cent des enfants autochtones du Canada vivent dans la pauvreté, un pourcentage qui triple celui de la moyenne nationale.
Publié par La Presse Canadienne le mercredi 19 juin 2013 à 08h07.

Le chiffre monte à 50 pour cent pour les enfants inscrits des Premières nations, c'est-à-dire ceux qui vivent dans des réserves ou qui ont un lien avec celles-ci.

Le piètre état des jeunes Autochtones est particulièrement déplorable au Manitoba et en Saskatchewan, où près des deux tiers d'entre eux grandissent dans une famille défavorisée.

Cette étude publiée mercredi par le Centre canadien de politiques alternatives ajoute qu'un investissement annuel de 580 millions $ permettrait d'apaiser les difficultés suscitées par la pauvreté de ces enfants.

Patricia Erb, qui dirige l'organisme Aide à l'Enfance, basé à Toronto, croit que l'ampleur de la pauvreté qui affecte les jeunes membres des Premières nations devrait bouleverser tous les Canadiens, d'autant plus que l'étude rappelle que la croissance per capita de la population autochtone est la plus rapide au Canada.

L'un des auteurs de la recherche, Daniel Wilson, affirme que si les Canadiens continuent de fermer les yeux face à la problématique de la pauvreté des Autochtones, leur marginalisation socio-économique s'aggravera.

La recherche a été constituée à partir de données du recensement publiées en 2006. Elle révèle aussi que le tiers des enfants d'immigrants au Canada et près du quart des enfants de minorités visibles vivent sous le seuil de la pauvreté.

Au sein des familles canadiennes de souche ou qui ne sont pas autochtones, cette proportion est de 12 pour cent.

Les enfants autochtones traînent de l'arrière face aux autres jeunes Canadiens dans une multitude de catégories: espérance de vie, revenu familial, accès à l'eau potable, mortalité infantile, santé, éducation, suicide, itinérance et promiscuité dans les habitations.

L'une des principales recommandations des auteurs du rapport est d'abattre les barrières qui ralentissent les Autochtones en éducation, en emploi, en formation professionnelle et en entrepreneurship.

Note to readers: précisions sur les pourcentages, 1er et 2e paragraphes