Violence faite aux femmes autochtones : le Conseil de la fédération réclame une enquête

Par Chantal Cleary | juil. 25, 2013
Les premiers ministres des provinces et territoires demandent une enquête publique nationale sur les femmes autochtones disparues ou assassinées.

Radio-Canada.ca 

Cette décision a été prise lors d'une rencontre avec les leaders autochtones du pays tenue à quelques heures de l'ouverture officielle de la rencontre du Conseil de la fédération qui se tient à Niagara-on-the-Lake, en Ontario.

Les premiers ministres répondent ainsi à l'Assemblée des Premières Nations et à d'autres groupes qui revendiquent une enquête depuis l'été 2012. Selon un rapport de 2009 de Statistique Canada, les femmes autochtones sont trois fois plus susceptibles que les femmes non autochtones à se déclarer victimes de violence. Elles sont aussi surreprésentées à titre de victimes d'homicides. L'Assemblée des Premières Nations estime que 600 femmes autochtones ont été assassinées ou portées disparues au cours des deux dernières décennies.

« Les premiers ministres appuient l'idée d'une enquête publique nationale au sujet de cet enjeu très important qui nous touche tous », a déclaré en point de presse la première ministre ontarienne, Kathleen Wynne, hôte de la rencontre et elle-même ancienne ministre des Affaires autochtones de sa province.

« En attendant la réponse du gouvernement fédéral au sujet d'une enquête publique, nous devons faire tout en notre pouvoir afin d'assurer la sécurité de toutes les communautés sur nos territoires et pour prévenir la violence à l'endroit des femmes et des filles », a-t-elle ajouté.

La première ministre de l'Ontario, Kathleen Wynne, serre la main de Michèle Audette, présidente de l'Association des femmes autochtones du Canada

La première ministre de l'Ontario, Kathleen Wynne, serre la main de Michèle Audette, présidente de l'Association des femmes autochtones du Canada, après la réunion du 24 juillet 2013  Photo :  PC/Aaron Lynett

Lors de la réunion de mercredi, les chefs autochtones, innus et métis ont aussi abordé plusieurs sujets d'importance avec les gouvernements provinciaux et territoriaux, dont l'éducation, la pauvreté et les problèmes de logement.

Les défis à relever sont en effet nombreux dans les communautés autochtones du Canada, qui doivent souvent faire face à des conditions de vie difficiles et à des problèmes sociaux importants avec peu de ressources et de main-d'œuvre qualifiée.

Bien que l'ouverture officielle du Conseil se déroule mercredi en soirée, les principaux travaux se mettront en branle jeudi matin et s'étendront jusqu'à vendredi.

Des débats qui concernent tous les Canadiens

La première ministre ontarienne croit que les débats sur les priorités qui seront inscrites à l'ordre du jour seront profitables pour tous les citoyens du Canada.

Jeudi, les premiers ministres se concentreront sur l'économie et discuteront d'emplois, d'infrastructures stratégiques, de transferts fédéraux, de compétences et de formation de la main-d'oeuvre. Ils peaufineront leur stratégie au sujet de la décision du gouvernement Harper de revoir l'entente sur la formation de la main-d'œuvre, en vertu de laquelle le fédéral distribue 500 millions de dollars aux provinces annuellement. Les premiers ministres discuteront aussi des progrès accomplis à l'égard de la Stratégie canadienne de l'énergie.

Le lendemain, ils s'attarderont aux questions sociales et communautaires, notamment aux questions des logements sociaux et abordables, de l'intimidation et de la cyberintimidation. Ils discuteront aussi des progrès accomplis en matière d'innovation dans le secteur de la santé.

Des échanges pourraient aussi avoir lieu entre les premières ministres du Québec et de Terre-Neuve-et-Labrador sur le dossier des chutes Churchill. Mardi, Hydro-Québec a demandé à la Cour supérieure du Québec de valider son droit exclusif d'acheter, jusqu'en 2041, la quasi-totalité de l'électricité produite par la centrale de Churchill Falls, au Labrador.

Kathleen Wynne a par ailleurs indiqué son intention d'aborder avec ses homologues le sujet de la sécurité ferroviaire, en réaction à la tragédie de Lac-Mégantic.

Cette année, six des 13 chefs de gouvernements réunis par le Conseil de la fédération sont des femmes. Outre Mme Wynne, la table des discussions rassemblera Eva Aariak du Nunavut, Christy Clark de la Colombie-Britannique, Kathy Dunderdale de Terre-Neuve-et-Labrador, Pauline Marois du Québec, et Alison Redford de l'Alberta.