Le rapport du Conseil canadien de la santé sur une décennie de réforme de la santé conclut que l’approche de statu quo du gouvernement est un échec pour les Canadiens

Par Patricia Mathias | sept. 24, 2013
Le Conseil canadien de la santé a publié son rapport « Meilleure santé, meilleurs soins, meilleure valeur pour tous », montrant qu’une décennie de réforme des soins de santé au Canada a donné des résultats décevants pour les contribuables ainsi que pour les patients.

Toronto, Ontario (19 septembre 2013) Aujourd’hui, le Conseil canadien de la santé fait paraître son rapport Meilleure santé, meilleurs soins, meilleure valeur pour tous, montrant qu’une décennie de réforme des soins de santé au Canada a donné des résultats décevants pour les contribuables ainsi que pour les patients. Alors que les accords sur la santé de 2003 et de 2004 ont été annoncés par les gouvernements comme porteurs de nombreuses promesses, un manque d’orientation centrale a rendu difficile la transformation du système de santé dans durant cette décennie, nous menant à la situation actuelle. Le rapport présente certains des enseignements tirés et définit une voie d’avenir pour éviter de répéter les erreurs passées. 

Le rapport conclut qu’à quelques exceptions près, les changements apportés à notre système de soins de santé n’ont pas suivi l’évolution des besoins des Canadiens. Les progrès relatifs aux temps d’attente pour des interventions médicales majeures ont cessé. Les services de soins primaires accusent du retard par rapport à ceux d’autres pays. Les soins à domicile ne répondent pas adéquatement aux besoins des personnes âgées. Les coûts des médicaments d’ordonnance sont inabordables pour de nombreux Canadiens, si bien qu’une ordonnance sur 10 n’est pas exécutée et que des patients sautent des doses de médicaments. La modeste augmentation d’espérance de vie des Canadiens est dominée par une vague de maladies comme le diabète, et le nombre de Canadiens atteint de deux maladies chroniques ou plus a augmenté, atteignant 31 % en 2010.

« Alors que les accords sur la santé s’étaient donné pour but de remédier à certains problèmes précis de notre système de santé, le manque d’objectifs et de résultats mesurables n’a pas conduit aux améliorations que de nombreux autres pays à hauts revenus ont réussi à effectuer », dit le Dr Jack Kitts, président du Conseil canadien de la santé. « Le Canada est l’un des pays qui dépensent le plus en soins de santé, à l’échelle internationale, consacrant un total estimé à 200 milliards $ ou plus en 2012 à ce secteur. Pourtant, les Canadiens se situent au milieu du classement pour leur état de santé et parmi les derniers pour la comparaison de la qualité de leurs soins à celle d’autres pays à hauts revenus.

« En tant que Canadiens, nous acceptons souvent le statu quo dans les soins de santé », déclare John G. Abbott, chef de la direction du Conseil canadien de la santé. « Soixante-seize pour cent des Canadiens estiment que la qualité des soins médicaux prodigués par leur médecin de soins primaires est excellente ou très bonne, mais regardez un peu plus en profondeur et vous verrez que seulement 48 % des personnes atteintes de maladies chroniques multiples (qui sont les utilisateurs typiques du système de santé) décrivent la qualité de leurs soins en termes d’excellente ou de très bonne. La médiocrité est inacceptable quand il s’agit de nos soins de santé, d’autant plus que nous avons les ressources et les compétences nécessaires pour faire beaucoup mieux. »

Alors que l’amélioration de l’accès aux soins de santé était l’une des priorités des accords sur la santé, l’accès aux soins dont vous avez besoin continue de varier selon la province ou le territoire où vous résidez, ou même selon votre région. Votre lieu de résidence a une incidence. Par exemple, les Canadiens savent d’expérience que les temps d’attente et l’accès aux médicaments d’ordonnance varient dans le pays, de même que de nombreux autres services de santé. D’autres iniquités liées au revenu, à l’éducation et aux facteurs culturels exercent également des répercussions sur l’accès aux soins de santé. Ainsi, la variabilité de la couverture d’assurance fait que de nombreux Canadiens à faible revenu ne peuvent pas acheter les médicaments dont ils ont besoin.

La compréhension que le Jeux de fille Jeux de guerre Jeux de moto Conseil de la santé a de la situation actuelle au Canada lui permet de proposer une voie d’avenir, fondée sur une approche appelée « Triple Aim » qui a été énoncée pour la première fois par l’Institute for Healthcare Improvement aux États-Unis. Le Conseil de la santé définit une approche pour mettre en place des objectifs équilibrés et pour appuyer activement les catalyseurs principaux afin de les atteindre – chose que les accords sur la santé de 2003 et de 2004 n’ont pas faite. Pour le Canada, ceci voudrait dire que les gouvernements accepteraient non seulement de poursuivre les objectifs de « meilleure santé, meilleurs soins et meilleure valeur », mais qu’ils mettraient la valeur canadienne de « l’équité » au cœur de toutes les futures actions entreprises dans le secteur de la santé. Les gouvernements insisteraient aussi pour que tous les autres intervenants du système de santé au Canada adoptent ces mêmes objectifs. 

L’élément crucial pour suivre cette approche et obtenir de meilleurs résultats pour les Canadiens sera un solide leadership. À cet égard, le rapport souligne que le gouvernement fédéral doit contribuer activement à garantir un niveau d’équité partout au Canada, en collaboration avec les leaders provinciaux et territoriaux. « Actuellement, chaque gouvernement s’attaque différemment aux mêmes problèmes », dit M. Abbott. « De leur côté, les provinces et les territoires doivent aussi agir en tant que copropriétaires d’un système national et accepter la responsabilité de garantir que chacun d’eux parvienne à des résultats comparables. »

« Il est possible d’instaurer un système de santé plus performant dans ce pays », ajoute M. Abbott. « Opter pour un solide leadership, une collaboration pancanadienne et d’autres facteurs, comme le décrit le rapport, nous permettra d’atteindre les résultats que nous souhaitons, de justifier la fierté des Canadiens pour leur système de santé et d’être un modèle ailleurs dans le monde. »

Pour télécharger le rapport complet ou lire les blogues des leaders de l’industrie de la santé, visitez : conseilcanadiendelasante.ca/recentrerlessoinsdesante.

À propos du Conseil canadien de la santé

Créé dans la foulée de l’Accord de 2003 des premiers ministres sur le renouvellement des soins de santé, le Conseil canadien de la santé est un organisme national indépendant qui prépare des rapports sur les progrès dans le renouvellement des soins de santé. Le Conseil offre une perspective globale du système de santé face à la réforme des soins au Canada et diffuse à travers le pays de l’information sur les pratiques novatrices et l’innovation. Ses conseillers sont nommés par les gouvernements provinciaux et territoriaux participants et par le gouvernement du Canada. En avril 2013, le gouvernement fédéral a annoncé qu’il mettrait fin au financement du Conseil, qui cessera ses activités le 31 mars 2014.

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