VIH : le nombre de femmes infectées à la hausse

Par Par Patrick Georges | Agence QMI | mars 10, 2014
Le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) gagne du terrain chez les jeunes femmes canadiennes. Il faut plus de sensibilisation selon le Centre d'action sida Montréal.
On estime que 16 000 femmes sont infectées par le VIH ou atteintes du sida au Canada. Elles représentaient 12 % des cas d’infection en 2009, contre 23 % en 2011.

Il est toutefois difficile d’évaluer la cause précise de cette hausse, en particulier chez les jeunes, a indiqué la directrice du Centre d’action sida Montréal (Femmes), Daniella Boulay-Coppens selon qui les adolescentes sont particulièrement vulnérables puisque l’utilisation du préservatif est en baisse.

«La majorité des femmes sont infectées par un partenaire en qui elles avaient confiance. Elles croient être en amour et être protégées de la maladie», a-t-elle dit.

Selon un rapport rendu public le mois dernier par l’Institut de la statistique du Québec, moins du tiers (32 %) des jeunes sexuellement actifs utilisent toujours un condom, alors que 36 % d’entre eux ne l’ont jamais utilisé au cours de la dernière année.

Les femmes séropositives sont par ailleurs toujours victimes de préjugés, en particulier dans le domaine de la santé, a soutenu Mme Boulay-Coppens.

Ce constat est partagé par une femme séropositive depuis un viol collectif au Burundi, qui a accepté de parler au journal «24 H» sous le couvert de l’anonymat.

«Même chez les professionnels de la santé, il y a toujours des préjugés qui entourent le VIH, affirme-t-elle. On dirait qu’ils ne sont pas informés. Quand une personne se rend à la clinique et l’infirmière lui demande où elle a attrapé le VIH, ce n’est pas normal.»

Mais le vrai problème, selon elle, c’est que le sida est devenu une banalité.

Même son de cloche du côté de Mme Boulay-Coppens, qui déplore que les Canadiens ne soient plus exposés aux risques du VIH.

«On n’en parle plus nulle part, donc les gens ont plus ou moins oublié cette maladie, a-t-elle déploré. Au Québec, on ne peut même pas approcher les écoles secondaires pour aller témoigner.»

Selon la directrice du Centre d’action sida Montréal, le gouvernement du Québec doit redoubler d’efforts dans ses campagnes de sensibilisation et doit tenter d’accrocher les jeunes, «autrement, ils ne seront pas protégés».