Femmes autochtones disparues : un rapport parlementaire recommandait une enquête

Par Chantal Cleary | mai 05, 2014
Des centaines de personnes étaient à la veillée tenue mardi soir en mémoire des femmes autochtones disparues ou tuées au Manitoba. Une cérémonie similaire a également eu lieu à Ottawa.
Veillée devant le palais législatif du Manitoba, en mémoire des femmes autochtones disparues ou tuées dans la province Photo :  Gary Solilak

Les Premières Nations, des gouvernements provinciaux et même l'ONU la réclament. Pourtant, une enquête nationale sur les femmes autochtones tuées ou disparues demeure une avenue que le gouvernement fédéral refuse, même si elle lui a été recommandée par un comité parlementaire.

CBC a appris qu'un rapport préliminaire du Comité spécial sur la violence faite aux femmes autochtones recommandait la tenue d'une enquête publique. La recommandation n'était toutefois plus là dans la version finale du rapport déposé en mars dernier.

Encore jeudi, le gouvernement conservateur a dû réaffirmer son refus, après que le réseau APTN eut rapporté qu'il existait plus de 1000 cas de femmes autochtones assassinées ou portées disparues au Canada. Ces cas seraient détaillés dans un rapport de la Gendarmerie royale du Canada, qui n'a pas démenti l'information.

Le rapport préliminaire qu'a obtenu CBC a été rédigé par des analystes du comité parlementaire qui, aux côtés de députés fédéraux, ont écouté des dizaines de témoins. Cette première version du rapport était basée sur ces témoignages. Toutefois, pour la version finale préparée par les députés, la majorité conservatrice a voté pour que soit retirée la recommandation d'une enquête publique.

Le rapport final a également omis les estimations selon lesquelles le nombre de cas de disparition et de meurtre serait plus élevé. L'Association des femmes autochtones disait avoir recensé 582 cas en 2010. Dans le rapport préliminaire, une directrice de l'Association, Irene Goodwin, laisse entendre que le nombre serait « trois ou quatre fois plus élevé ».

D'autre part, le rapport préliminaire suggérait que le fédéral tienne un rassemblement national dirigé par les familles des victimes et qu'il crée un fonds pour ces familles. Le rapport final, lui, a plutôt proposé une Charte des droits des victimes.

La tenue d'une enquête nationale sur la violence faite aux femmes autochtones est également appuyée par l'Association des femmes autochtones, par des ministres provinciaux et territoriaux des Affaires autochtones, par les commissions provinciales et territoriales des droits de la personne et par Human Rights Watch.