L'insécurité alimentaire toujours bien présente

Par Chantal Cleary | sept. 05, 2014
L’insécurité alimentaire constitue une barrière importante pour une alimentation équilibrée

L'insécurité alimentaire touche une partie importante de la population, particulièrement les gens les plus démunis. Les conséquences sur la santé et la vulnérabilité des personnes peuvent être lourdes. Sophie-Andrée Blondin s'entretient avec Carole Blanchet de l'Institut de la santé publique du Québec, coauteure d'un rapport qui permet de mieux saisir les différentes facettes de l'insécurité alimentaire. 
 
En 2011 et 2012, 250 000 ménages québécois ont souffert d'insécurité alimentaire, ce qui représente 8 % de la population. Les familles qui ont trois enfants ou plus en souffrent davantage, et la région de Montréal est particulièrement touchée. Les personnes qui vivent seules, les familles monoparentales, les adultes qui sont peu scolarisés et les personnes à faible revenu sont les plus susceptibles de souffrir d'insécurité alimentaire. 
 
Une personne vit de l'insécurité alimentaire à partir du moment où elle ne peut pas manger les aliments désirés, lorsqu'il n'y a pas suffisamment à manger dans la maison ou quand elle craint d'en manquer. Il y a des situations plus graves que d'autres. Même si la situation est préoccupante, elle demeure stable depuis quelques années. 
 
Les grandes villes sont plus touchées : il y a beaucoup de personnes seules, c'est le lieu de résidence de la plupart des nouveaux arrivants, qui ont, en moyenne, de plus grosses familles, et la précarité financière des foyers est aussi plus importante. Bien que de nombreuses initiatives des organismes communautaires comme les cuisines collectives, les popotes roulantes et les jardins communautaires aient permis que la situation ne se dégrade pas, il reste beaucoup à faire pour améliorer la situation.