Virus qui frappe les enfants aux États-Unis: La Santé publique du Québec suit la situation de près

Par Chantal Cleary | sept. 09, 2014
Les autorités de la santé publique du Québec surveillent de près la propagation d’un virus qui a causé l’hospitalisation de centaines d’enfants aux États-Unis et qui pourrait atteindre la province.
L’entérovirus D68 se propage à un rythme sans précédent aux États-Unis depuis la mi-août.

Détresse respiratoire

Au total, plus d’un millier d’enfants ont été touchés par le virus, dont plusieurs centaines ont été hospitalisés pour cause de détresse respiratoire sévère (voir autre texte). Aucun décès n’a été rapporté jusqu’à présent.

Selon des médecins américains, il s’agit d’une question de temps avant que toutes les régions du pays soient touchées. Jusqu’ici, aucun cas n’a été rapporté au Québec. Or, le ministère de la Santé (MSSS) confirme que la situation est suivie de près.

Selon la Dre Caroline Quach, microbiologiste-infectiologue à l’Hôpital de Montréal pour enfants, le virus pourrait traverser la frontière.

«On va très probablement avoir des cas. C’est un village global, c’est certain qu’on est à risque, dit celle qui suit l’évolution du virus. Mais, on va peut-être être chanceux.»

Le D68 provient de la même souche que le virus pieds-mains-bouche, qui touche particulièrement les jeunes enfants.

« Plus inquiétant »

Les symptômes s’apparentent à ceux du rhume, avec de la fièvre et de la toux (voir encadré). Or, ce sont les problèmes pulmonaires qui causent le plus d’inquiétude.

«Quand les enfants présentent des syndromes respiratoires, c’est certain que c’est plus inquiétant. ajoute la Dre Quach. Ce n’est pas quelque chose qu’on prend à la légère. Surtout qu’on ne peut pas prévoir la détérioration des cas.»

Comme il ne s’agit pas d’une maladie à déclaration obligatoire, des enfants québécois pourraient même avoir été touchés par le virus sans que les infections soient rapportées, avoue le MSSS.

Les hôpitaux ne font pas de dépistage automatique, mais certains patients pourraient être testés selon les symptômes.

Se laver les mains

Aucun vaccin ou traitement n’existe pour combattre le virus. Or, l’hygiène peut faire toute la différence.

«La prévention est le nerf de la guerre, assure la Dre Quach. Le lavage de mains est très important. Quand ça entre dans une famille ou une garderie, ça se propage facilement. Et avec la rentrée scolaire, les enfants sont en contact proche.»

Le virus existe depuis plusieurs années, mais il était surtout présent en Asie. Des éclosions ont été rapportées aux États-Unis depuis 2008, mais aucune de cette ampleur.