Un programme fédéral se penche sur la disparition de femmes autochtones

Par Chantal Cleary | sept. 10, 2014
Le Programme de contribution à l'amélioration de la sécurité des collectivités autochtones, un projet de 5,7 millions $, a été créé en 2010 dans le contexte des initiatives gouvernementales visant à comprendre ce problème.

Stephen Harper a beau dire qu'il ne faut pas analyser les disparitions de femmes autochtones d'un point de vue sociologique, l'un des programmes centraux des conservateurs dans ce dossier comprend une orientation consistant à chercher les causes profondes du problème.

Le Programme de contribution à l'amélioration de la sécurité des collectivités autochtones, un projet de 5,7 millions $, a été créé en 2010 dans le contexte des initiatives gouvernementales visant à comprendre ce problème.

Un rapport préliminaire daté du 8 juillet évalue que le programme a été surtout positif avec les communautés autochtones éloignées pour créer des plans de sécurité, et former des gens pour les mettre en application.

En revanche, ce rapport souligne que de nombreuses communautés trouvent difficile d'aller de l'avant sans qu'une discussion ait eu lieu sur les causes profondes des disparitions et des meurtres de femmes autochtones au pays. 

Là où des discussions ouvertes sur le sujet ont eu lieu, dit le rapport, les chefs de communauté et les comités se sont concentrés sur ces problèmes, et les intervenants concernés ont été en mesure d'agir.

Le rapport, que La Presse Canadienne a obtenu en vertu de la Loi sur l'accès à l'information, note également que les programmes fédéraux accordent peu d'importance aux victimes d'abus sexuel et aux liens entre ce problème et la violence faite aux femmes.

Un peu plus d'un mois après le dépôt de ce rapport, le premier ministre Stephen Harper, devant les nombreuses demandes en faveur d'une commission d'enquête publique sur les disparitions et meurtres de femmes autochtones, a déclaré être sceptique quant à l'idée de se pencher sur l'aspect sociologique du problème.

«Je pense qu'on ne doit pas voir cela comme un problème sociologique. Nous devons le considérer comme un crime», a-t-il dit le 21 août. «C'est un crime contre des gens innocents, et c'est ainsi que l'on doit régler ce problème.»

Par ailleurs, le rapport indique que les communautés se sont montrées ouvertes à participer au programme. De toutes les communautés sollicitées, 89% se sont impliquées, et d'autres qui avaient entendu parler du programme se sont montrées intéressées.

Par contre, elles considèrent que le financement d'un an qu'on leur accorde pour payer un coordonnateur est trop court pour bien mettre en oeuvre les plans de sécurité.