Les enfants doivent rester «au sommet des priorités» malgré les compressions, disent les DPJ

Par Chantal Cleary | sept. 23, 2014
Les directions de la protection de la jeunesse (DPJ) du Québec ont demandé au gouvernement de « continuer à placer les enfants au sommet des priorités », malgré le contexte de compressions budgétaires.

En rendant public leur bilan annuel lundi, les directions de la protection de la jeunesse (DPJ) du Québec ont demandé au gouvernement de « continuer à placer les enfants au sommet des priorités », malgré le contexte de compressions budgétaires.

Les centres jeunesse sont déjà confrontés à des compressions budgétaires depuis quelques années, a rappelé Éric Salois, directeur de la protection de la jeunesse et directeur provincial aux centres jeunesse de Lanaudière, sur les ondes d'ICI Radio-Canada. « Actuellement, on est en mesure de donner une prestation de qualité aux enfants. Mais c'est sûr que le gouvernement annonce des choix qui vont être difficiles ».

« Les enfants qui sont les plus vulnérables, ce n'est pas seulement les centres jeunesse. C'est l'ensemble des acteurs du réseau qui dispensent des services à l'enfance », ajoute-t-il.

En conférence de presse, Madeleine Bérard, directrice de la protection de la jeunesse des centres Batshaw, a elle aussi demandé que l'on fasse des enfants une « priorité nationale ». Elle a tenu à souligner que les familles en difficulté ont toujours besoin de soutien et de services, alors qu'on observe une hausse des signalements depuis quelques années.

Les signalements rapportés à la DPJ ont augmenté de 17,3 % de 2010 à 2013, et de 3 % de plus en 2013-2014. Ainsi, lors de la dernière année, la DPJ a traité 82 919 signalements à travers le Québec, ce qui représente une moyenne de 227 situations problématiques impliquant des enfants rapportées par jour.

« Les familles sont encore confrontées à des conditions de vie difficiles, comme la pauvreté et l'isolement. Ces conditions, jumelées à certaines difficultés personnelles vécues par certains parents, comme la maladie mentale, les problématiques de toxicomanie et de violence continuent de faire de nombreuses victimes », a déclaré Mme Bérard.

« Il faut lutter contre le décrochage scolaire, soutenir le développement des jeunes enfants, accompagner les parents dans l'exercice de leur rôle et accroître l'accessibilité aux services », a poursuivi Mme Bérard.

En plus de rappeler la nécessité de protéger les enfants contre les situations de détresse familiale, Madeleine Bérard a indiqué qu'il ne fallait pas oublier que les conséquences de la maltraitance faite aux enfants engendrent des coûts importants pour la société. Selon elle, ils étaient évalués à 15,7 milliards de dollars par année au Canada en 2003.

Des signalements faits à la DPJ, l'an dernier, 22,7 % étaient pour des violencses physiques et 22,6 % pour de la négligence. Les mauvais traitements psychologiques comptaient pour 13,8 % des signalements, les risques sérieux de négligence pour 13,2 % et les troubles de comportement sérieux pour 10,2 %.