Discrimination d'enfants autochtones: dernière semaine d'audiences d'une plainte

Par Chantal Cleary | oct. 20, 2014
Le Tribunal canadien des droits de la personne entame sa dernière semaine d'audiences relatives à cette plainte déposée en février 2007.
OTTAWA - Le gouvernement a tenté par tous les moyens de faire dérailler une plainte pour discrimination envers les enfants et familles des Premières Nations, mais un verdict devrait finalement tomber en 2015, se réjouissent les deux organisations autochtones derrière la plainte.

Le Tribunal canadien des droits de la personne entame sa dernière semaine d'audiences relatives à cette plainte déposée en février 2007 contre Ottawa par l'Assemblée des Premières Nations (APN) et la Société de soutien à l'enfance et à la famille des Premières Nations (SSEFPN).

«C'est une totale aberration de constater que dans un dossier comme celui-là, il faut avoir encore une fois recours aux tribunaux pour nous donner raison, et dans ce cas-ci, ça a pris sept ans», a déploré lundi en conférence de presse le chef intérimaire de l'APN, Ghislain Picard.

Il n'arrive pas à s'expliquer pourquoi, Ottawa refuse d'agir pour «remédier au sous-financement des services à l'enfance et à la famille des Premières Nations dans les réserves».

Que le gouvernement laisse perdurer cette situation est «honteux, inadmissible et, en tout état de cause, inexplicable», a déploré M. Picard, qui s'est porté candidat au poste de chef national de l'APN.

La directrice exécutive de la SSEFPN, Cindy Blackstock, a fustigé le gouvernement en place, l'accusant d'avoir ignoré des preuves mises de l'avant par ses propres fonctionnaires faisant état de ces inégalités.

«Nous demandons au gouvernement d'implanter les solutions qu'il a déjà identifiées (...) Il s'agit de faire la bonne chose pour les enfants et de cesser d'utiliser la discrimination raciale contre les enfants comme mesure de contrôle fiscal», a-t-elle laissé tomber.

L'APN et ont conjointement déposé en février 2007 une plainte contre Ottawa pour discrimination, afin de dénoncer l'insuffisance des services à l'enfance et à la famille dans les réserves.

Cette plainte allègue que le financement octroyé par le gouvernement du Canada à ce chapitre dans les réserves est depuis longtemps inférieur à celui dont bénéficient les enfants non autochtones.

Le Tribunal canadien des droits de la personne entendra les derniers plaidoyers entre le 20 et le 24 octobre 2014, et sa décision est attendue en 2015.