Services sociaux : appel à l'union pour aider les enfants autochtones

Par Chantal Cleary | nov. 18, 2014
Les 11 organismes provinciaux et territoriaux de protection des enfants demandent une action concertée de la part des gouvernements pour diminuer le nombre d'enfants autochtones pris en charge par les services sociaux.

Le président du Conseil canadien des défenseurs des enfants et des jeunes (CCDEJ) affirme que « les enfants autochtones pris en charge vivent souvent en deçà du seuil de pauvreté, sont en moins bonne santé et moins bien éduqués que les autres jeunes Canadiens, et sont trop souvent victimes d'exploitation et de violence sexuelle ».

Des chiffres frappants

Les protecteurs font état de statistiques frappantes. Par exemple, au Manitoba, 87 % des quelque 10 300 enfants pris en charge au 31 mars dernier étaient d'origine autochtone. En Saskatchewan, on estime que ces enfants comptent pour 83 % des fois qu'un enfant est retiré de son domicile. En Alberta, les mineurs autochtones comptent pour environ 10 % des mineurs albertains, mais représentent 69 % des pris en charge. En Colombie-Britannique, ces enfants forment plus de la moitié des enfants en garde provinciale et sont 7,6 fois plus susceptibles d'être pris en charge.

« Nous constatons l'ampleur des difficultés causées au quotidien par les traumatismes intergénérationnels chez les peuples autochtones, et cela constitue une tragédie nationale », note le président du CCDEJ, Irwin Elman, qui est aussi l'intervenant provincial en faveur des enfants et des jeunes de l'Ontario.

Les deux provinces les plus populeuses du pays, l'Ontario et le Québec n'ont aucune statistique disponible sur l'origine ethnique des enfants pris en charge par leurs services sociaux.

Les 11 défenseurs provinciaux et territoriaux recommandent la création d'un poste de Commissaire national à l'enfance et d'un programme national de mesure du bien-être des enfants autochtones, notamment en matière d'éducation et de santé. Ils réclament aussi de former les enfants autochtones à leurs droits. Le CCDEJ souhaite aussi l'organisation d'une conférence spéciale des premiers ministres fédéral, provinciaux et territoriaux avec des responsables autochtones, conférence qui aboutirait à un rapport, puis à un plan national.

Le CCDEJ soutient avoir écrit au Conseil de la fédération en août « pour inciter les premiers ministres à réfléchir à la tragédie vécue par les enfants autochtones » pris en charge. Le Conseil indique qu'il n'a pas toujours pas reçu de réponse.