L'Assemblée des Premières Nations rend hommage à une jeune Autochtone battue

Par Chantal Cleary | déc. 10, 2014
Rinelle Harper, âgée de 16 ans, a été honorée mardi lors d'une cérémonie spéciale.

Une adolescente oji-crie qui avait été sauvagement battue et laissée pour morte à Winnipeg, le mois dernier, est venue ajouter sa voix à celles qui réclament une commission d'enquête nationale sur les meurtres et les disparitions de femmes autochtones au Canada.

Rinelle Harper, âgée de 16 ans, a été honorée mardi lors d'une cérémonie spéciale à l'ouverture de la réunion des délégués de l'Assemblée des Premières Nations, à Winnipeg justement.

L'adolescente, de la communauté de la Première Nation oji-crie de Garden Hill, dans le nord-est du Manitoba, a parlé brièvement aux délégués, demandant à nouveau la tenue d'une enquête nationale, que le gouvernement fédéral a toujours refusée.

Elle a lancé qu'il fallait mettre un terme à cette culture de violence contre les femmes autochtones du pays. 

L'adolescente avait été attaquée à deux reprises près de la rivière Assiniboine, à Winnipeg, le mois dernier. Laissée pour morte, elle a finalement survécu, et certains l'ont depuis qualifiée d'héroïne pour avoir trompé ainsi la mort, alors que des centaines d'autres femmes autochtones agressées ou disparues n'ont pas connu cette chance.

Rinelle Harper a reçu lors de cette cérémonie de l'Assemblée des Premières Nations une plume d'aigle, symbole de résilience. L'adolescente a d'ailleurs bien hâte de retrouver son école et ses amis.

«À titre de survivante, je vous demande, en tout respect, d'exiger une enquête nationale sur les meurtres et les disparitions de femmes autochtones», a-t-elle dit d'une voix nerveuse. «À vous tous qui êtes réunis ici, je demande de vous souvenir de quelques mots tout simples: amour, gentillesse, respect et pardon.»