Le Centre de cancérologie de l’Hôpital d’Ottawa s’adapte à la clientèle autochtone

Par Chantal Cleary | janv. 05, 2015
Une toute nouvelle salle, qui a été spécialement conçue pour les patients autochtones, a été inaugurée au Centre de cancérologie de l'Hôpital d'Ottawa.

L'un des objectifs est d'inciter davantage de membres de ces communautés qui sont atteints d'un cancer à se tourner vers la médecine occidentale.

Il s'agit d'une initiative du Programme régional de cancérologie du Réseau local d'intégration des services de santé (RLISS) de Champlain et de l'Hôpital d'Ottawa.

La salle communautaire est située au premier étage du Centre de cancérologie à l'Hôpital d'Ottawa. Elle s'appellera Windòcàge, ce qui signifie « tendre la main » en langue algonquine. Elle est destinée aux membres des Premières Nations, aux Inuits et aux Métis.

« C'est très important d'avoir un endroit où les gens se reconnaissent, de sentir un bien-être, un lieu de confort, un lieu de rassemblement », explique la responsable du dépistage et de la prévention du cancer à l'Hôpital d'Ottawa, Suzie Johanisse.

« C'est une salle magnifique et chaleureuse dans laquelle on peut avoir un peu d'intimité. » — Guy Freedman, un ancien patient autochtone du Centre de cancérologie à l'Hôpital d'Ottawa

La nouvelle salle a été conçue afin d'aider les membres de ces communautés à mieux supporter l'environnement médical. Ils peuvent venir s'y recueillir, prier et passer du temps avec leurs proches.

Des photographies avec de l'art autochtone sont accrochées aux murs. Du papier peint représente également un paysage enneigé avec des arbres, notamment des bouleaux. Les Premières Nations associent cette essence au processus de guérison.

Une adaptation nécessaire

Les responsables du Centre ont pris conscience récemment que les services offerts n'étaient pas adaptés aux besoins des peuples autochtones.

Ils ont aussi été interpellés par le fait que certains membres de ces communautés ont des réticences vis-à-vis de la médecine occidentale et qu'ils préfèrent recevoir des traitements de leur guérisseur traditionnel.

« Ce centre de cancérologie nous aide à nous sentir les bienvenus, comme dans une grande famille, alors qu'on ne se sent pas comme un membre de la famille au Canada. L'Hôpital d'Ottawa nous aide à nous réconcilier », précise Guy Freedman, un Métis qui a passé 45 jours dans l'établissement pour subir des traitements de chimiothérapie.

Les taux de dépistage du cancer sont très bas chez les Premières Nations. Pourtant, les populations autochtones sont plus à risque de développer certains types de cancers.

D'après le reportage de Laurie Trudel