Les enfants : victimes innocentes de la tuberculose dans les communautés vulnérables

Par Chantal Cleary | mars 24, 2015
24 mars de chaque année, l’OMS se joint au reste de la communauté internationale pour célébrer la Journée mondiale de lutte contre la tuberculose.
Le thème retenu pour l’édition de cette année, «Contre la tuberculose, passons à la vitesse supérieure», s’inscrit en continuité de l’appel lancé afin d’atteindre tous les cas "manquants", qui vivent pour la plupart dans les communautés les plus pauvres et les plus vulnérables du monde, y compris dans celles de la Région africaine.

La tuberculose, que l’on peut pourtant traiter, reste l’une des maladies transmissibles les plus mortelles au monde et continue de poser un problème majeur de santé publique dans la Région africaine. Chaque année, environ 9 millions de personnes contractent la tuberculose à l’échelle mondiale, mais 3 millions de ces nouveaux cas ne sont ni diagnostiqués ni traités, ou ne sont pas enregistrés par les programmes nationaux de lutte contre la tuberculose lorsqu’ils sont diagnostiqués.

Les populations vulnérables comprennent les femmes et les enfants, ainsi que les personnes vivant avec le VIH, tout comme les diabétiques, les réfugiés, les mineurs et anciens mineurs, les prisonniers et les consommateurs de drogues, qui ne disposent pas d’un accès suffisant aux services de soins de santé de base. Les personnes pauvres courent également le risque de contracter la tuberculose, surtout les sans domicile fixe et les personnes qui vivent dans des communautés densément peuplées.

En 2013, on estime que 550 000 enfants sont tombés malades de la tuberculose. Les enfants dont les systèmes immunitaires sont vulnérables, en particulier les enfants en très bas âge, les enfants infectés par le VIH ou ceux qui souffrent de malnutrition sévère, courent le plus grand risque de contracter la tuberculose ou d’en mourir.

Les enfants peuvent contracter la tuberculose à tout âge, mais surtout lorsqu’ils sont âgés de un à quatre ans. Souvent, la source d’infection est un adulte tuberculeux en contact rapproché avec l’enfant. Les adultes infectés par la tuberculose vivent dans des communautés vulnérables – il s’agit très souvent de migrants, de mineurs, de prisonniers, de consommateurs de drogues et de professionnels du sexe – qui n’ont pas suffisamment accès aux services de soins de santé de base.

«Tout enfant vivant dans un même milieu que des personnes touchées par une tuberculose infectieuse peut contracter la tuberculose, même s’il est vacciné. Certaines personnes infectées par la tuberculose sont souvent insuffisamment desservies ou "oubliées", car elles ne présentent pas de symptômes spécifiques et à cause des difficultés à diagnostiquer correctement l’affection. Cela souligne l’impérieuse nécessité de renforcer les systèmes de santé afin de pouvoir prendre en charge la tuberculose et les autres affections en santé qui lui sont associées», a indiqué le Dr Matshidiso Moeti, Directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique.

La pandémie du VIH/sida menace aussi de saper les efforts déployés au titre de la lutte antituberculeuse, surtout en Afrique subsaharienne. Quel que soit le lieu où des enfants sont à risque de contracter l’infection à VIH, les enfants infectés par le VIH courent le risque d’être infectés par la tuberculose. Au total, on estime que 34 % des patients tuberculeux sont co-infectés par le VIH dans la Région africaine. Dans certaines parties d’Afrique australe, plus de 50 % des patients tuberculeux sont également positifs pour le VIH.

La tuberculose est une maladie qui peut être soignée et guérie. Le traitement de la tuberculose évolutive sensible aux médicaments consiste en un schéma thérapeutique standard de six mois associant quatre antimicrobiens qui sont fournis aux patients sous la supervision d’un agent de santé ou d’un bénévole qualifié qui apportera les informations et le soutien nécessaires.

Des progrès constants ont été accomplis dans la mise en œuvre des activités de lutte contre la co-infection tuberculose-VIH, mais il faut intensifier les efforts, en particulier pour garantir l’accès universel à la thérapie antirétrovirale. En 2013, soixante-treize pour cent des patients VIH-positifs étaient sous thérapie antirétrovirale. Pourtant, ce niveau de couverture est bien inférieur à la cible de 100 % fixée pour 2015.

Au minimum, tous les enfants infectés par le VIH devraient être dépistés pour la tuberculose, alors que tous les enfants tuberculeux devraient bénéficier d’un dépistage et de conseils dans le domaine du VIH dans les milieux à forte prévalence de l’infection par le VIH. Quel que soit leur âge, tous les enfants vivant avec des contacts domestiques tuberculeux devraient être dépistés pour la tuberculose, et traités.

Pour la première fois en quatre décennies, de nouveaux médicaments antituberculeux commencent à émerger. Les associations thérapeutiques comprenant de nouveaux composés font actuellement l’objet d’essais cliniques, mais le financement requis pour évaluer rapidement si ces traitements sont efficaces et si l’on peut déjà commencer à les administrer reste largement insuffisant.

La fin de l’année 2015 marquera la transition des OMD au programme de développement pour l’après-2015. Dans ce contexte élargi, l’OMS a élaboré une stratégie mondiale de lutte antituberculeuse post-2015 (la Stratégie visant à mettre un terme à la tuberculose) qui a été approuvée par tous les États Membres lors de l’Assemblée mondiale de la Santé qui s’est tenue en mai 2014.

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