Femmes autochtones disparues ou assassinées - Les hommes luttent trop peu contre la violence envers les femmes autochtones

Par Chantal Cleary | avr. 08, 2015
Lani Elliott a été victime de violence conjugale et elle donne maintenant des conférences dans des écoles pour sensibiliser les jeunes à cette violence.
Lani Elliott a été victime de violence conjugale et elle donne maintenant des conférences dans des écoles pour sensibiliser les jeunes à cette violence.Photo :  CBC

 

Une femme autochtone ayant survécu à l'attaque de son mari qui l'a battu avec un bâton de baseball affirme que les hommes ne s'impliquent pas assez pour combattre la violence envers les femmes autochtones. Même si certains hommes s'impliquent dans la lutte, d'autres s'opposent aux initiatives de sensibilisation à la cause, dénonce Lani Elliott.

Lani Elliott avait 21 ans lorsque son mari l'a battu et lui a cassé les jambes. Elle raconte maintenant son histoire dans les écoles et dans les Premières Nations pour sensibiliser les gens sur l'existence de la violence conjugale et du lien entre ce phénomène et celui des femmes disparues et assassinées.

« C'est un peu comme si les gens veulent croire que dans la majorité des cas, les agresseurs sont des étrangers. C'est peut-être parfois le cas, mais on ne peut ignorer que la violence familiale ou conjugale est un facteur contributif aux disparitions. » — Lani Elliott

Selon un rapport publié par la Gendarmerie royale du Canada l'année dernière, 92 % des femmes autochtones connaissaient leur agresseur. Même si 89 % des agresseurs sont des hommes, Lani Elliott croit que les hommes ne veulent pas parler de ce problème et qu'elle a pu observer une certaine forme d'obstruction lorsqu'elle donne des conférences.

Conrad Burns espère que plus d'hommes participeront aux évènements de sensibilisation et de dénonciation de la violence envers les femmes autochtones.

Conrad Burns espère que plus d'hommes participeront aux évènements de sensibilisation et de dénonciation de la violence envers les femmes autochtones.
 Photo :  CBC/Ryan Pilon

Lani Elliott note peu d'hommes participent aux évènements en soutien des femmes autochtones disparues et assassinées. Certains font toutefois figure d'exception. C'est le cas de Conrad Burns, un homme qui organise une semaine de sensibilisation sur la question qui doit avoir lieu à Prince Albert.

« Traditionnellement, les femmes étaient responsables de la communauté. Nous avons perdu cela. Comme homme, notre rôle traditionnel est de soutenir la femme de n'importe quelle manière. [...] Certains hommes en sont venus considérer qu'ils pouvaient les frapper. » — Conrad Burns

Conrad Burns reconnaît qu'il peut être difficile d'intéresser les hommes et que plusieurs d'entre eux ne se présentent pas aux évènements après avoir promis de le faire. Il dit que certains hommes vont plus loin encore et s'opposent complètement à la cause. Il mentionne d'ailleurs une réponse à une de ses publications sur le site Facebook où il mentionnait que les gens devaient respecter les femmes.

« Un homme, je ne sais même pas d'où il vient, a écrit "Juste parce que tu as publié ça, je vais frapper une femme aujourd'hui." » — Conrad Burns

Malgré les défis auxquels il fait face, Conrad Burns croit que plus d'hommes vont se joindre à lui pour la cause.