Sa vie dépend d’un donneur aux racines amérindiennes

Par Chantal Cleary | août 24, 2015
Aucun des 22 millions de donneurs de la banque d’Héma-Québec n’est compatible avec Rosalie, atteinte de leucémie

Attaquée par une rare et foudroyante leucémie, Rosalie voit sa vie mise en péril, car il n’existe aucun donneur de moelle osseuse aux racines amérindiennes compatible avec la jeune fille de 19 ans dans la banque d’Héma-Québec.

Rosalie Lirette Gilbert demande l’aide du public. Elle doit absolument trouver un donneur de moelle osseuse aux racines amérindiennes âgé de 18 à 35 ans.

Il s’agit de sa seule chance de survie.

En juin dernier, Rosalie n’allait pas bien. Elle n’avait pourtant jamais été malade de sa vie. «J’avais des symptômes bizarres que je n’avais jamais eus avant», explique la jeune adulte qui travaille dans une pourvoirie et qui venait de perdre 16 livres en quelques jours.

Après avoir visité quatre hôpitaux et reçu de mauvais diagnostics, elle a reçu la confirmation par les médecins qu’elle souffrait d’une leucémie de type M3. Une leucémie rare, au taux de guérison plus faible.

Mais, avec de la chimiothérapie et un donneur de cellules souches compatible, ses chances de guérison sont bel et bien réelles.

Pas de donneurs

Lundi, les médecins de l’Hôtel-Dieu de Québec lui ont annoncé qu’il n’y avait pas de donneur compatible dans la banque d’Héma-Québec.

Le problème, c’est que la famille de Rosaliea des racines huronnes (Sioui) et irlandaises, raconte sa grande sœur Hélisa, qui n’est malheureusement pas compatible. «Elle est classée comme un cas très difficile», dit-elle, principalement parce que 80 % des donneurs chez Héma-Québec sont caucasiens. «Ils ont été obligés de lui dire qu’elle avait des chances de mourir si elle ne trouvait pas de donneur.»

Rosalie demande aux gens ayant des racines amérindiennes de se manifester et de faire le test.

Appel à l’aide

En attendant, elle doit subir de la chimio à répétition afin de tenir le cancer à l’écart, ce qui nuit à son système immunitaire. «Il y a des symptômes... ils me piquent tout le temps», explique Rosalie, racontant son épreuve les larmes aux yeux. Elle est isolée durant les traitements et est vulnérable aux virus.

Les médecins ne savent pas combien de temps il lui reste à vivre, mais seule la greffe peut la sauver, indique Hélisa. «C’est un appel à l’aide. C’est pressant. C’est sûr qu’il y en a un quelque part. On ne veut pas attendre que le médecin nous dise qu’il lui reste six mois à vivre.»

Déjà, depuis qu’un message a été publié sur Facebook, plus de 100 personnes se sont inscrites sur la liste d’Héma-Québec.

«Ce n’est pas juste pour ma sœur. Ça va sauver d’autres personnes», relate Hélisa, soutenant ue les Amérindiens doivent être sensibilisés.


La leucémie myéloïde aiguë M3

  • Un cancer qui se développe à partir de cellules souches myéloïdes anormales.
  • Ces cellules produisent normalement des globules rouges, des granulocytes, des monocytes ou des plaquettes.
  • Avec cette leucémie, ces cellules sanguines sont incapables d’accomplir leurs tâches.

* Source: Société canadienne du cancer


Comment savoir si vous êtes compatible?

Allez sur le site internet d’Héma-Québec et inscrivez-vous au registre comme «Premières Nations» si vous avez des origines amérindiennes. Vous recevrez gratuitement par la poste un kit pour prendre un petit échantillon de votre salive. Le délai avant d’obtenir les résultats est d’un mois. Les cellules souches qui sont présentes dans le sang, le placenta et le cordon ombilical sont aussi efficaces.


L’affaire Mai Duong

L’épreuve de Rosalie rappelle l’aventure de Mai Duong, une jeune mère d’origine vietnamienne qui devait aussi trouver un donneur compatible pour combattre sa leucémie. La communauté vietnamienne du Québec s’était d’ailleurs mobilisée pour sauver sa vie. Elle avait finalement reçu une greffe de sang de cordon l’automne dernier.