Premières Nations : deux fois plus à risque d'une mort évitable

Par Chantal Cleary | août 25, 2015
Les Autochtones des Premières Nations d'âge adulte ont au moins deux fois plus de risque de mourir de causes évitables que les Canadiens non autochtones, selon un rapport de Statistique Canada.
L'analyse, basée sur les recensements et des données sur la mortalité recueillies entre 1991 et 2006, démontre que les hommes autochtones âgés de 25 à 75 ans sont deux fois plus à risque de décès évitable. Pour les femmes de plus de 25 ans, ce taux monte à deux fois et demie.

L'analyse révèle aussi que pour certaines causes jugées évitables, les Autochtones de la cohorte sont plus de cinq fois plus à risque de décès que les non-Autochtones. Chez les hommes des Premières Nations, la consommation d'alcool et de drogues et les blessures non intentionnelles sont parmi les causes les plus communes tandis que chez les femmes des Premières Nations, en plus de la consommation d'alcool, le diabète sucré et les infections sont responsables d'une grande proportion des décès évitables.

Selon Statistique Canada, la mortalité évitable désigne des décès qui auraient potentiellement pu être évités par la mise en place de pratiques efficaces de prévention et de politiques en matière de santé publique ou par la prestation de soins de santé opportuns et adéquats.

Les facteurs socioéconomiques expliqueraient aussi l'écart important entre les gens plus à risque et les gens moins à risque. L'étude révèle que lorsque les différences en matière de niveau de scolarisation et de revenu sont prises en compte, le risque de mortalité évitable chez les Premières Nations recule de 47 % pour les hommes et de 32 % pour les femmes.

Selon Josée Lavoie, la directrice du Centre de recherche sur la santé autochtone à l'Université du Manitoba, ces taux élevés de mortalité évitable sont le résultat du racisme, de l'héritage des pensionnats autochtones, ainsi que du manque d'accès dans les réserves à de l'eau potable, à un logement adéquat et aux services de santé.

« L'accès limité à des services de soins de santé mentale, des tests de dépistage, et des retards de diagnostic contribuent au problème », dit-elle.

« Je n'ai toujours pas entendu un seul parti politique s'engager à investir dans l'accès à l'eau potable, des logements sans moisissures et l'amélioration de l'accès aux soins de santé. » — Josée Lavoie, la directrice du Centre de recherche sur santé autochtone à l'Université du Manitoba

Selon Statistiques Canada, 70 % des décès qui surviennent avant l'âge de 75 ans au pays sont jugés évitables.