Grossesse: quelle est la quantité d'alcool acceptable?

Par Chantal Cleary | oct. 22, 2015
L'American Academy of Pediatrics vient de rappeler aux femmes enceintes qu'elles ne devraient pas consommer.

Si vous pensiez que vous pouviez boire un peu d'alcool alors que vous étiez enceinte, arrêtez tout. Une nouvelle étude vient de prouver que vous n'avez droit à rien. Pas une goutte. L'American Academy of Pediatrics vient de rappeler aux femmes enceintes qu'elles devaient se tenir éloignées d'une bouteille, quoi qu'il arrive.

Même si certains médecins autorisent à leurs patientes un verre de temps en temps, il semblerait que même ce petit remontant soit proscrit.

On sait depuis longtemps qu'une trop grosse consommation peut provoquer des difformités diverses chez le bébé, voire des problèmes de santé graves, rassemblés sous l'étiquette de Syndrôme d'Alcoolisation Fœtale. «Mesurez la consommation d'alcool que vous voulez vous permettre en fonction de la manière dont vous voulez compromettre le bien-être de votre bébé», a expliqué le docteur Janet Williams, auteure principale de l'étude. Celle-ci a été publiée hier dans la revue Pediatrics et mesure les degrés d'alcool acceptables pendant la grossesse. D'après les conclusions, mieux vaut ne pas boire du tout.

Une femme sur dix boit de l'alcool pendant la grossesse, sur une base d'un verre par mois, et une sur 33 boirait abondamment. Les femmes diplômées, dans la trentaine, seraient les plus touchées. Cette manière de consommer de l'alcool serait de loin la plus dangereuse, mais comme la quantité d'alcool consommée demeure assez floue quant aux effets qu'elle pourrait provoquer, les experts qui se sont penchés sur l'étude ont préféré considérer qu'il valait mieux ne rien boire. «La question provoque de nombreuses controverses, a ajouté le docteur Christina Chambers. Les femmes ne veulent pas qu'on leur demande d'arrêter de boire. Elles demandent toujours, "Quelle preuve a-t-on qu'un peu d'alcool s'avère dangereux?" ou finissent par dire, "Vous m'interdisez toujours de faire ceci ou cela", et certains obstétriciens ne voient pas le problème que peut poser un verre de temps en temps pendant la grossesse. En fait, nous ne connaissons pas le seuil au-dessus duquel le SAF apparaît, et il serait dangereux, de fait, d'essayer de le déterminer».