SQ et femmes autochtones : réactions en Abitibi-Témiscamingue

Par Chantal Cleary | oct. 23, 2015
Huit policiers de la Sûreté du Québec de Val-d'Or font l'objet d'allégations graves, dont certains pour agressions sexuelles et abus de pouvoir à l'endroit de femmes autochtones.

SQ et femmes autochtones : réactions en Abitibi-Témiscamingue

Mise à jour le jeudi 22 octobre 2015 à 7 h 30 HAE
Bianca, Priscillia et Angela, des femmes autochtones à Val-d'Or Photo :  ICI Radio-Canada

 
Huit policiers de la Sûreté du Québec de Val-d'Or font l'objet d'allégations graves, dont certains pour agressions sexuelles et abus de pouvoir à l'endroit de femmes autochtones. La direction des normes professionnelles de la SQ mène une enquête interne depuis que des femmes ont dénoncé ces comportements. Plusieurs de ces témoignages ont été recueillis par une équipe de l'émission Enquête, dont le reportage sera présenté ce soir sur ICI Radio-Canada Télé. Les informations diffusées ce matin ont créé de vives réactions en Abitibi-Témiscamingue.

Dès 6 h 50, jeudi, la journaliste Josée Dupuis de l'émission Enquête a livré une partie de ses informations à l'émission Des matins en or. Voici son entrevue complète.

 

 

La communauté valdorienne bouleversée

Ces informations ont suscité consternation, malaise et déception à Val-d'Or. Après avoir entendu et vu des témoignages de femmes autochtones ayant affirmé avoir été victime d'abus de pouvoir d'agents de la Sûreté du Québec, les Valdoriens espèrent en connaître davantage sur les comportements dénoncés. Les familles autochtones s'inquiètent aussi pour leurs proches.

Plusieurs équipes autochtones sont aujourd'hui au Centre Air Creebec de Val-d'Or pour un tournoi de hockey et de ballon-balai. Certains d'entre eux ont accepté de réagir aux informations diffusées par Radio-Canada. Voici ce qu'ils avaient à dire.

 

 

Réaction des élus

Pierre Corbeil, maire de Val-d'Or et ancien ministre québécois des Affaires autochtones, dit ne jamais avoir été au fait de tels comportements. « Je veux écouter toute l'émission avant de faire des commentaires [...] J'ai su qu'on filmait quelque chose fin-printemps/début d'été, et qu'il y allait avoir une émission, et qu'on avait des soupçons, mais jamais plus d'informations que ça », affirme-t-il.

Le député libéral d'Abitibi-Est, Guy Bourgeois, se dit rassuré que les dossiers des policiers soupçonnés soient sur le point d'être transmis au Directeur des poursuites criminelles et pénales. « C'est une situation tout à fait inacceptable, peu importe les individus, dit-il. Les gens qui sont en autorité doivent permettre à la population de justement avoir cette sécurité-là, qui vient de leur présence dans le milieu. »

Milieu communautaire

« Je suis stupéfait parce que la SQ, c'est des grands collaborateurs dans le domaine de l'itinérance depuis plusieurs années. D'entendre qu'il y a des pommes pourries dans le panier, je suis un peu décontenancé ce matin », a déclaré pour sa part Stéphane Grenier, directeur général de La Piaule, un centre d'hébergement pour clientèle itinérante et défavorisée de Val-d'Or. Il dit avoir eu vent de certaines allégations au cours des derniers mois. « Je me disais que c'était peut-être possible, mais de cette ampleur-là... je suis un peu choqué ce matin », a-t-il dit.

M. Grenier a toutefois tenu à nuancer.

« Il y a probablement aussi de très bons policiers au travers de ça, des gens qui se préoccupent beaucoup de la cause autochtone. C'est donc particulier et encore plus choquant de voir que malgré les bonnes intentions de certains individus dans la SQ, il y ait pu avoir des dérapages. » — Stéphane Grenier

Voici notre entrevue complète avec Stéphane Grenier.

 

 

Plus de réactions à venir

Le Centre d'amitié autochtone de Val-d'Or, des intervenants psychosociaux, ainsi que les chefs de Lac-Simon, Kitcisakik et Pikogan, réagiront lors d'une conférence de presse vendredi, à 10 heures.