Donner le goût de l'école par les soins de santé

Par Prisca Benoit - Québec Hebdo | févr. 15, 2016
Pour la première fois cette année, huit élèves des Premières Nations sont conviés à venir découvrir l'univers du neurochirurgien Léo Cantin, en participant à un stage d'observation d'une journée au CHU de Québec-Université Laval.

Les deux élèves font parties du premier groupe à visiter avec le docteur Léo Cantin l'hôpital CHU de Québec-Université Laval. (Photo TC Media – Prisca Benoit)

 

Wapikon-Ottawa Boivin et Julia Chachai, deux étudiantes en 5e secondaire, ont fait le trajet jusqu'à Québec depuis Wemotaci, une réserve atikamekw au nord de La Tuque, pour visiter l'hôpital avec le responsable du stage, Léo Cantin. «Je voulais trouver une façon de familiariser ces élèves au domaine médical», explique celui-ci.

Cherchant une façon de redonner au suivant, le médecin a entrepris des démarches avec la Fondation Nouveaux Sentiers, avec comme mission de donner le goût à ces élèves de poursuivre leurs études dans le domaine hospitalier. «On veut leur montrer que c'est réalisable, rapporte de docteur Cantin. Ça prend du support, mais c'est faisable.»

Un horaire chargé

Dès 7 h 45, les deux élèves ont accompagné le médecin dans son travail. Après un tour des lieux, elles ont pu voir de leurs propres yeux une opération dans le bloc opératoire, de loin leur moment préféré à leurs dires. «On apprend de nouvelles choses, affirme Wapikon-Ottawa Boivin. Je ne savais pas qu'il y avait plusieurs types d'infirmières différents.» Les deux jeunes filles se dirigent vers les soins infirmiers après leur secondaire, dans un DEC/BAC soit à Québec, soit à Trois-Rivières.

Encore trop peu de jeunes des Premières Nations s'intéressent au domaine de la santé, aux dires de Diane Pepiquay, infirmière depuis 24 ans dans sa communauté et accompagnatrice des deux jeunes filles. «Ça va de mieux en mieux, ça commence à s'ouvrir, témoigne-t-elle. Souvent dans une famille, il y a plusieurs générations qui vivent sous le même toit. C'est dur de motiver un enfant à continuer l'école quand toi-même tu n'y es pas allé.» Dans la classe de Wapikon-Ottawa et Julia, sur treize élèves, trois se dirigent dans le domaine de la santé.