Les Autochtones vivent près de 12 ans de moins que les autres Albertains, dit un rapport

Par Chantal Cleary | juil. 21, 2016

L'espérance de vie des Autochtones de l'Alberta est en baisse depuis deux ans, alors qu'elle augmente pour l'ensemble des Albertains, selon le dernier rapport annuel de Services de Santé Alberta.

En 2015, une personne autochtone en Alberta pouvait espérer vivre 70,36 années, comparativement à 81,87 pour un Albertain non autochtone. C'est la plus faible espérance de vie chez les Autochtones albertains depuis 5 ans.

« C'est certainement préoccupant de voir ce fossé qui continue d'exister, qui s'agrandit même, entre l'espérance de vie des Albertains issus des Premières Nations et celle des autres Albertains », affirme Cheryl Currie, professeure associée à l'Université de Lethbridge et présidente de l'initiative de recherche en santé autochtone pour Alberta Innovates.

« Nous avons tous entendu les reportages sur le suicide chez les jeunes Autochtones au Canada, sur la crise [de la consommation] de fentanyl [et] les surdoses mortelles d'opioïdes. Ça a touché très durement les jeunes », dit-elle.

Le rapport indique que les membres des Premières Nations de la province ont un taux plus élevé de suicide, de diabète, d'arthrite, d'asthme, de maladies cardiaques et d'hypertension artérielle que n'importe quelle autre catégorie de la population albertaine.

Mortalité infantile élevée

Les morts prématurées sont un facteur majeur qui influe sur ces statistiques, explique Cheryl Currie. Malgré une amélioration notable depuis 2011, le taux de mortalité infantile chez les Autochtones albertains est de 7,82 morts pour 1000 naissances vivantes, alors que la moyenne provinciale est de 4,39.

Cheryl Currie affirme que les problèmes se situent surtout sur le plan des conditions de vie dans les résidences familiales. « Nous voyons des problèmes comme des logements inadéquats, des maisons surpeuplées », dit-elle.

« Ce genre de situations peut causer le syndrome de la mort subite du nourrisson ou une mort prématurée de l'enfant avant l'âge de 1 an », explique-t-elle.

Cheryl Currie souligne également que la qualité de vie des Autochtones albertains est moins bonne que celle de la plupart des Albertains. « Les membres des Premières Nations vivent une plus grande partie de leur vie avec des blessures et des maladies qui ont des répercussions sur leur qualité de vie », souligne-t-elle.

Elle se dit encouragée par les initiatives fédérales et provinciales dans le domaine de la santé mentale et des dépendances, mais souligne que beaucoup de travail reste à faire pour, entre autres, mettre fin aux effets des pensionnats autochtones sur des générations d'Autochtones.