Une nouvelle politique de prévention en santé

Par Chantal Cleary | oct. 24, 2016
Sept ministres ont pris part à l’annonce dimanche, dont Lucie Charlebois, qui a présenté la politique.
Photo: Pedro Ruiz Le Devoir

Sept ministres ont pris part à l’annonce dimanche, dont Lucie Charlebois, qui a présenté la politique.

Pas moins de sept ministres s’étaient donné rendez-vous en plein air, dimanche au parc La Fontaine à Montréal, pour lancer une politique gouvernementale de prévention en santé qui vise à améliorer la qualité de vie des Québécois en travaillant en amont des problèmes de santé, que ce soit par l’éducation ou l’aménagement des villes, par exemple.

 

Québec se donne de grands objectifs, et le plan d’action concret qui doit accompagner la politique sera présenté d’ici un an, a promis la ministre déléguée à la Santé publique et aux Saines habitudes de vie, Lucie Charlebois, qui a piloté ce dossier.

 

Québec se donne neuf cibles d’ici 2025. Par exemple, on souhaite diminuer de 21 à 10 % la proportion de fumeurs, accroître l’offre de logements abordables sociaux et communautaires de 49 % ou augmenter de 20 % la proportion de jeunes de 12 à 17 ans actifs.

 

L’enveloppe de 76,1 millions sur 10 ans assortie à la politique n’est qu’un début des investissements qui pourront y être consacrés, a-t-elle affirmé. « Il y a déjà 400 millions d’investis en prévention en ce moment, a-t-elle rappelé. Les 76 millions, c’est pour de nouvelles initiatives, mais chaque ministère impliqué a son budget. Par exemple, les maternelles 4 ans, ça participe à la prévention, mais c’est dans le budget du ministère de l’Éducation que c’est assumé. »

 

Québec exclut la possibilité de taxer les boissons sucrées pour financer cette politique pour l’instant. « Il y a beaucoup de choses à faire avant de taxer davantage, ce n’est pas la priorité », a indiqué Mme Charlebois.

 

« La politique, c’est la vision, mais d’ici un an nous allons présenter un plan d’action qui sera plus concret », a promis Mme Charlebois. Santé, municipalité, éducation, environnement, les initiatives seront, on l’assure, transversales.

 

Le bref gouvernement du Parti Québécois avait laissé une ébauche avancée d’une politique nationale de prévention au moment des élections, en 2014. L’ancien ministre de la Santé Réjean Hébert l’avait présentée au Conseil des ministres.

 

À son arrivée, la ministre Lucie Charlebois avait confirmé au Devoir que cette politique ne serait pas mise de côté. Il aura fallu plus de deux ans pour en arriver à une annonce. « La politique du Parti Québécois ne s’accompagnait pas de crédits budgétaires ni de consultation. Là, nous avons approfondi et nous avons les moyens d’agir », a précisé Mme Charlebois.

 

En attente des actions

 

Présente lors de l’annonce, Sylvie Bernier salue l’intersectionnalité de l’initiative. « Ce sont des cibles ambitieuses ; maintenant, ça prendra des investissements ambitieux ! », a déclaré la porte-parole du tout nouveau Regroupement pour un Québec en santé, qui réunit une centaine d’organisations et de décideurs.

 

L’investissement initial de 76 millions peut paraître modeste à cet égard. « Seulement avec une taxe sur les boissons sucrées, on pourrait dégager 2,6 milliards de dollars pour financer cette politique », explique Mme Bernier. Malgré tout, elle a affirmé avoir « beaucoup d’espoir », car la politique « envoie un message clair [disant] qu’on a une responsabilité individuelle, mais que la responsabilité collective est plus importante quand il est question de prévention. »

 

Son de cloche semblable du côté du directeur de la Santé publique de Montréal, le Dr Richard Massé. « L’important, ce sera de voir la mise en oeuvre. Ce qu’il y a dans la politique, c’est excellent, ça fait très longtemps qu’on le réclamait », a-t-il indiqué.