Le sport pour chasser la drogue et l’alcool - Une communauté innue investit dans le sport

Par Chantal Cleary | nov. 14, 2016
<img width="968" height="460" style="width: 159px; height: 89px;" alt="L’entraîneur-chef Dave Vollant est entouré de membres du Club de badminton Les Nomades, le seul club privé de la Côte-Nord à donner des cours techniques." src="http://storage.journaldemontreal.com/v1/dynamic_resize/sws_path/jdx-prod-images/588a1480-8b94-45e1-adb4-c10719de9aaf_ORIGINAL.jpg?quality=80&version=0&size=1936x" data-aspect-ratio="auto" srcset="http://storage.journaldemontreal.com/v1/dynamic_resize/sws_path/jdx-prod-images/588a1480-8b94-45e1-adb4-c10719de9aaf_ORIGINAL.jpg?quality=80&version=0&size=480x, http://storage.journaldemontreal.com/v1/dynamic_resize/sws_path/jdx-prod-images/588a1480-8b94-45e1-adb4-c10719de9aaf_ORIGINAL.jpg?quality=80&version=0&size=960x 2x" /> 
L’entraîneur-chef Dave Vollant est entouré de membres du Club de badminton Les Nomades, le seul club privé de la Côte-Nord à donner des cours techniques.
 

SEPT-ÎLES | Pour contrer les problèmes de suicide, de drogue et d’alcool chez les jeunes, la communauté d’Uashat Mak Maliotenam mise sur le sport.

La détresse chez les jeunes autochtones de cette communauté de 3700 habitants, près de Sept-Îles, a été mise en lumière lors de l’enquête publique sur cinq suicides survenus en 2015.

Le rapport du coroner Bernard Lefrançois est attendu d’ici quelques jours. Une étude universitaire réalisée en 2012 conclut que les écoliers innus s’initient à l’alcool et aux drogues à l’âge moyen de 9,6 ans.

Pour prévenir les problèmes sociaux, la communauté a massivement investi dans le sport, et plusieurs athlètes se distinguent maintenant au niveau provincial.

«Le succès de nos investissements en sport et loisirs commence à paraître, constate l’entraîneur-chef du club de badminton Les Nomades, Dave Vollant. Par exemple, j’accompagne une jeune joueuse timide qui rase les murs à l’école, mais au gymnase elle est battante et déterminée. Je sais que bientôt, l’estime qui l’envahit quand elle prend sa raquette va la suivre partout dans la vie.»

Ce club regroupe 75 Innus qui participent à diverses compétitions sur la Côte-Nord et au Québec. L’entraîneur collabore avec les enseignants. «Le but premier est d’outiller nos jeunes pour leur réussite. Je prends le temps de jaser quand un jeune ne file pas», explique Dave Vollant.

« Investir dans leur passion »

«Je pratique deux sports. Je viens quatre fois au gymnase chaque semaine. J’aime bouger. Les autres de mon âge jouent à des jeux vidéo ou s’ennuient», témoigne Jérémie Amboise, 11 ans.

L’entraîneur Dave Vollant croit qu’il faut investir dans les saines passions des Autochtones comme les sports et les arts.

À 27 ans, il a été élu au conseil de bande. Les investissements dans le sport et les loisirs y font l’unanimité. «Le problème, c’est qu’on ne peut pas utiliser l’argent que nous verse le fédéral. Il y a seulement des programmes pour la santé, l’éducation, les services sociaux.»

«Moi je dis souvent au conseil que chaque dollar dans le sport permet d’économiser un dollar en santé et un autre en sécurité, commente Dave Vollant.»

Modèles sportifs

Les athlètes autochtones sont de plus en plus nombreux à réaliser des performances à de hauts niveaux. Ils deviennent des modèles dans leur communauté.

Originaire de Maliotenam, Adam Jourdain a joué dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec avec les Huskies de Rouyn-Noranda. «J’ai eu mes bibittes dans ma jeunesse. Je n’ai jamais consommé de drogue, mais de l’alcool, oui. Grâce au hockey, j’ai mis mes priorités à la bonne place», dit-il.