L’APN critique à nouveau le manque de transparence de l'enquête sur les femmes autochtones

Par Radio-Canada | mai 24, 2017

Le chef national de l'Assemblée des Premières Nations (APN), Perry Bellegarde, joint sa voix à celles des proches des femmes autochtones disparues ou assassinées, qui expriment une « frustration grandissante » depuis plusieurs semaines devant le manque de transparence et de communication qu'ils reprochent aux responsables de l'enquête nationale qui leur est dédiée.

« Il est essentiel de communiquer clairement avec les membres des familles et d'intervenir auprès d'eux afin de rebâtir le lien de confiance et de faire en sorte que l'enquête nationale soit un succès », fait valoir M. Bellegarde dans un communiqué.

Il presse la commission d'« adopter une approche centrée sur les familles ».

Les survivants, les membres des familles et les membres du public s'attendent, avec raison, à de la transparence de la part des commissaires de l'enquête en ce qui a trait aux plans et aux échéanciers. Nous nous attendons à une meilleure communication, comme l'a promis la commissaire [Marion] Buller dans sa lettre ouverte publiée le 19 mai.

 Perry Bellegarde, chef national de l'APN

« Les survivants, les membres des familles et toutes les femmes et les filles autochtones ont le droit de s'attendre à mieux », estime M. Bellegarde.

L’APN rappelle qu’en octobre dernier, Perry Bellegarde avait rédigé une lettre ouverte dans laquelle il partageait ses craintes quant au manque de communication qui suscite encore de la grogne. Il y priait les commissaires de « sortir immédiatement de leur mutisme et de dévoiler clairement aux Premières Nations, aux peuples et aux organisations autochtones et surtout aux familles les plans et l'échéancier de l'enquête nationale ».

Le chef national de l’APN dit avoir depuis ce temps réclamé, à trois reprises mais chaque fois sans succès, des rencontres entre les commissaires et des représentants des Premières Nations.

Enquête nationale sur les femmes autochtones disparues et assassinées 

Faute avouée

Vendredi dernier, à Vancouver, la commissaire Marion Buller s’était déjà engagée dans une lettre à ouvrir davantage le dialogue avec les Premières Nations.

« Nous acceptons la responsabilité de notre mauvaise communication du travail que nous faisons. C’est notre faute si nous n’avons pas su communiquer le travail important que nous faisons », avait-elle aussi déclaré en conférence de presse.

Et le lendemain, à Edmonton, le premier ministre Justin Trudeau ne s’était pas montré surpris de voir l’enquête faire l’objet de critiques. « Des commissions aussi importantes que celle-là doivent toujours relever des défis importants », a-t-il estimé, en réitérant qu'il faisait confiance à l’équipe de Mme Buller.

La ministre fédérale des Affaires autochtones et du Nord, Carolyn Bennett, avait pour sa part dit partager les inquiétudes des familles.