Val-d’Or - La CSSSSPNQL a témoigné devant la Commission d’enquête sur les relations entre les Autochtones et certains services publics au Québec : écoute, réconciliation et progrès

Par Chantal Cleary | oct. 10, 2017

Le 21 septembre dernier, dans une longue présentation devant la Commission d’enquête sur les relations entre les Autochtones et certains services publics au Québec : écoute, réconciliation et progrès, Marjolaine Siouï, directrice générale, et Richard Gray, gestionnaire des services sociaux, ont fait état des problèmes auxquels font face les Premières Nations dans la prestation des services qui leur sont offerts.
 

Le document déposé à la Commission étayait les facteurs historiques, juridiques et sociaux qui ont mené à cette discrimination, pour ensuite en illustrer les effets sur certains déterminants sociaux de la santé chez les Premières Nations. Il abordait plus précisément les particularités de l’organisation des services de santé et des services sociaux qui desservent les communautés Premières Nations au Québec et présentait certaines pistes de solutions et des recommandations.

La Commission d’enquête sur les relations entre les Autochtones et certains services publics au Québec : écoute, réconciliation et progrès 

Le 21 décembre dernier, le gouvernement du Québec constituait la Commission d’enquête sur les relations entre les Autochtones et certains services publics au Québec : écoute, réconciliation et progrès afin d’enquêter, de constater les faits et de procéder à des analyses afin de formuler des recommandations quant aux actions correctives concrètes, efficaces et durables à mettre en place par le gouvernement du Québec et par les autorités autochtones en vue de prévenir ou d’éliminer, quelles qu’en soient l’origine et la cause, toute forme de violence, les pratiques discriminatoires, les traitements différents dans la prestation des services publics suivants aux Autochtones au Québec : les services policiers, les services correctionnels, les services de justice, les services de santé, les services sociaux et les services de protection de la jeunesse.

La création de cette Commission s’est effectuée dans un contexte particulier de crise, caractérisé par plusieurs événements survenus en quelques mois. Ces événements confirmaient davantage l’ampleur du racisme et de la discrimination systémique exercés à l’endroit des Premières Nations et des Inuits par certains services publics au Québec et au Canada.

Au Canada, les demandes répétées par les représentants d’organisations autochtones ont fini par aboutir à la tenue de l'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées qui a commencé ses travaux le 1er septembre 2016. Cette Enquête, instituée par le gouvernement fédéral, doit permettre d’examiner les causes systémiques de toutes les formes de violence à l'égard des femmes et des filles autochtones aux quatre coins du Canada.

Au Québec, en octobre 2015, les médias révélaient l’existence d’abus et de pratiques discriminatoires envers des femmes autochtones par les services policiers dans la région de Val-d’Or. À la suite de ces révélations, le Service de police de la Ville de Montréal a mené des enquêtes sur des allégations d’actes criminels visant des policiers de la Sûreté du Québec à l’encontre de femmes autochtones de Val-d’Or et d’ailleurs. Exceptionnellement, ces enquêtes se sont déroulées sous la surveillance d’une observatrice civile indépendante qui déclarait, dans son rapport remis en novembre 2016, que « Les événements de Val-d’Or et d’ailleurs mettent à l’avant-plan la question de pratiques policières discriminatoires et plus particulièrement celle de l’existence d’un racisme systémique au sein des forces de l’ordre à l’égard des Autochtones ».

En parallèle, des chercheurs universitaires ont réalisé une étude dans la région de Val-d’Or sur la judiciarisation de l’itinérance. Leur rapport, déposé le 9 décembre 2016, faisait ressortir le caractère systémique du profilage racial effectué au détriment des itinérants autochtones dans les interventions policières ainsi que les multiples facteurs sociaux, économiques et structurels qui sont à l’origine de ce phénomène. Leur analyse et leurs conclusions venaient donc renforcer celui de l’observatrice civile indépendante. Pour les Premières Nations, ce n’est que l’illustration d’une des nombreuses facettes de la discrimination systémique à laquelle elles sont confrontées dans leurs relations avec les institutions publiques au Québec et ailleurs au Canada depuis des décennies.