la Journée de commémoration pour les femmes et les filles autochtones disparues ou assassinées

Par Chantal Cleary | oct. 12, 2017

Chaque année, le 4 octobre, des vigiles sont organisées d’un océan à l’autre pour honorer les Sœurs par l’esprit à l’occasion de la Journée de commémoration pour les femmes et les filles autochtones disparues ou assassinées. À l’invitation du Centre d’amitié autochtone de Val-d’Or (CAAVD), une centaine de personnes se sont rassemblées au centre-ville de Val-d’Or, bougie à la main, pour se recueillir et exprimer leur soutien envers la cause. Isabelle Mapachee, inspirante danseuse traditionnelle, a rappelé la nécessité de « ne pas oublier la sœur qui n’est plus là, elle est là d’esprit, par sa famille, par les souvenirs que les gens partagent ».

Un chant d’honneur au tambour a été offert par une troupe de Pikogan, un symbole fort pour illustrer la solidarité des participants; leur cœur bat à l’unisson. Édith Cloutier, directrice générale du CAAVD, et d’autres intervenants ont d’ailleurs souligné tout au long de la soirée la solidarité présente dans la région, la force des proches des victimes et la marche vers la guérison qui s’accomplit au quotidien.

Virginia Pésémapéo Bordeleau a récité le touchant poème qu’elle a écrit en l’honneur de Sindy Ruperthouse, Anicinabe de Pikogan, disparue depuis le printemps 2014. La lecture a été entrecoupée d’une danse des clochettes réalisée par une troupe de Pikogan, noble et symbole de guérison. Les derniers vers du poème illustrent de manière très juste la douleur des proches :

Tu ne seras plus dans nos photos de famille

Où es-tu Sindy?

Le courage de ceux qui t'aiment n’a pas de limites

Tu ne seras jamais grand-mère

Dis-nous ton secret, ta vérité

Aucune douleur ne recèle autant de puissance qu'un enfant perdu

 

La classe politique était également représentée. Pierre Corbeil, maire de Val-d’Or, et Alice Jérôme, ex-cheffe de Pikogan et tante de Sindy Ruperthouse, ont mentionné dans leurs allocutions la nécessité de mettre fin au racisme et à la discrimination. Ils ont incité les participants à l’ouverture, au respect, à la paix, à la sérénité et à la fierté d’être membres des Premières Nations.

Puis, les parents de Sindy, Émilie Ruperthouse et Johnny Wylde, plume d’aigle à la main, ont livré un touchant témoignage, relatant les nombreuses recherches effectuées à la grandeur du Québec pour retrouver leur fille. La famille éprouvée poursuit ses efforts : « On a cherché partout et ce n'est pas fini. Tant que je ne l'aurai pas trouvée, je vais chercher. J’ai peur parce que l’hiver s’en vient, c’est long parce que tu ne peux pas fouiller dans le bois. »

Pour clôturer la soirée, une auteure-compositrice-interprète crie originaire de Val-d’Or, Mélissa Pash, s’est accompagnée à la guitare sur deux chansons ayant pour thèmes la force et le besoin de vivre ses émotions. Chacun a éteint sa bougie, mais la lueur d’espoir, elle, est demeurée.