10,4 millions pour étudier les génomes des Premières Nations

Par Chantal Cleary | janv. 25, 2018

Radio-Canada

Le programme de recherche Génome silencieux de l'Université de la Colombie-Britannique (UBC) obtient 10,4 millions de dollars pour financer ses recherches sur la génomique des Premières Nations, une population généralement laissée pour compte dans ce domaine.

La recherche sur les génomes des différentes populations avance à grands pas.

Des banques de données génétiques existent déjà dans plusieurs régions du monde et fournissent des échantillons de référence utilisés pour la détection et le traitement de différentes maladies.

L’ennui, pour les membres des Premières Nations, c’est qu’une telle banque d’ADN n’existe pas.

Des raisons diverses

Dresser le profil génomique d’une personne dépend d’une multitude de facteurs, explique la responsable du programme Génome silencieux et professeure associée au programme médical nordique de UBC, la Dre Nadine Caron.

« Ça doit être fait au bon moment, pour les bonnes raisons et, malheureusement, quand il y a de l’argent [pour le financer] », soutient-elle.

Parmi les conditions défavorables à l’établissement des profils, la Dre Caron note l’éloignement des grands centres où se trouvent les fonds et l’expertise.

Développer un partenariat

Un autre obstacle est la méfiance des membres des Premières Nations qui ont trop souvent fait l’objet d’études extérieures dont ils ont appris la publication des résultats par les médias, ajoute le Dr Stanley Vollant, chirurgien à l’hôpital Notre-Dame de Montréal.

Un phénomène qui ne pourra se produire avec le programme Génome silencieux parce que celui-ci est mené par des membres des Premières Nations, confirme la Dre Nadine Caron, elle-même d’origine autochtone.

Le partenariat vise ainsi non seulement à acquérir l’information, mais aussi à impliquer les communautés dans le processus de décision, la gestion des données et la réflexion sur les questions éthiques, soutient-elle.

Une implication fructueuse

Le Dr Stanley Vollant, d’origine innue, voit quant à lui dans le projet Génome silencieux une opportunité qui dépasse la médecine.

Au bout du processus [...] les Premières Nations s’en verront grandies et [cela] permettra peut-être à des jeunes de s’intéresser aux sciences, peut-être à la génomique et voir des scientifiques autochtones prendre le lead dans les prochaines années.

 Dr Stanley Vollant, chirurgien à l’hôpital Notre-Dame de Montréal

Cette implication compte d’ailleurs parmi les critères d’évaluation du programme, soutient la Dre Nadine Caron.

« Créer ces partenariats, bâtir ce réseau [entre les Autochtones] et déterminer la meilleure façon d’aller de l’avant sans avoir la prétention d’avoir toutes les réponses », tout en demandant aux communautés ce dont elles ont besoin et comment il est possible d’y arriver dans le respect de leur culture est, selon elle, la meilleure façon de mesurer le succès réel de ce projet.