Loi sur le cannabis : L’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador fait appel au Sénat pour que le Canada respecte ses obligations fiduciaires envers les Premières Nations

Par Chantal Cleary | mai 29, 2018

 

Wendake, le 29 mai 2018 – À quelques jours de l’adoption de la Loi canadienne sur le cannabis, l'Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador (APNQL) considère que le Sénat canadien constitue le dernier espoir pour retarder son entrée en vigueur. « En dépit des multiples engagements du gouvernement Trudeau à l’égard des Premières Nations, Métis et Inuit, force est de constater son indifférence face à ses obligations, notamment en matière de consultation. Pour ce qui est de la légalisation du cannabis, ce délestage nous amène à faire appel à la sensibilité des membres de la Chambre haute pour que soit retardée l'entrée en vigueur de la Loi », déclare Ghislain Picard, chef de l'APNQL.

 

Tout en reconnaissant que des communautés s'activent pour exploiter les aspects commerciaux qu'ouvre la Loi, l'APNQL n'a cessé de faire valoir, auprès des ministres fédéraux, les préoccupations qu'elle juge plus que légitimes quant aux impacts anticipés par la légalisation sur un tissu social fragile.

 

Pour faire preuve de bonne foi et s’acquitter de ses obligations, le gouvernement Trudeau doit s’appuyer sur des principes qui auront été adoptés mutuellement avec les Premières Nations, comme ceux adoptés en décembre 2017 dans le cadre de la nouvelle relation financière. Ces principes rappellent le respect du droit à l’autodétermination des Premières Nations en assurant un financement suffisant pour leur permettre de planifier et d’investir selon leurs propres priorités et de faire progresser vers l’élimination des écarts socioéconomiques entre les citoyens des Premières Nations et les autres Canadiens.

 

L'APNQL dénonce haut et fort l'entente conclue entre le Canada et les gouvernements territoriaux et provinciaux, qui prévoit un partage de revenus tirés de la vente et de la production. « À notre connaissance, aucune disposition n'a été prise par le gouvernement fédéral pour que les Premières Nations participent activement à la distribution équitable de ces revenus pour contrer notamment les graves répercussions de la légalisation du cannabis sur les citoyens des Premières Nations et leurs communautés », insiste le chef de l'APNQL dans une lettre récemment transmise au premier ministre canadien.

« Devant l'indifférence du premier ministre du Canada et de son gouvernement, nous nous tournons vers les membres du Sénat qui semblent plus sensibles aux défis qui frappent à notre porte, incluant le cannabis. Le fardeau des communautés sera nettement alourdi sur les plans de la santé publique, des services sociaux et de la sécurité publique. Sommes-nous les seuls à voir venir la vague et à ne pas être outillés adéquatement pour y faire face? Le gouvernement fédéral ne peut transférer la responsabilité qui lui incombe aux provinces et territoires sans consulter les Premières Nations au préalable. »

 

À propos de l’APNQL

 

L’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador est l’organisme régional politique qui regroupe 43 chefs des Premières Nations au Québec et au Labrador. Suivez l’APNQL sur Twitter @APNQL.

 

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Source :

Alain Garon, agaron@apnql.com

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